Rien n’arrête un Sunday jazz loft, même pas le 22e

Que ce soit le dimanche de la finale annuelle d’un jeu de raquette pour compétition internationale, le dimanche du démarrage d’un festival de jazz en plein air quasiment gratuit ou un dimanche de week-end prolongé jusqu’au lundi soir, voire les trois en même temps, il y a toujours une place réservée pour les Sunday jazz loft dans l’agenda de ses aficionados.

Une place sur sièges de styles variables, avec programme posé sur leur galette en guise de décoration. Une place entre 17h et plus tard en fonction du temps que les participants mettent à ne pas avoir envie de partir. Une place et peut-être plus, si cette fois-ci ils ont eu envie de faire découvrir le Sunday jazz loft à l’un de leurs amis, pas plus mélomane que moi, mais désireux de savoir enfin ce qu’est un Sunday jazz loft.

La légende, puisqu’il y en a paraît-il une, à moins que ce ne soient que des bruits de couloirs, dit qu’un Sunday jazz loft ça se mérite. Et ceux qui ne le savent pas encore ne reviennent jamais investir l’un de nos sièges. Et c’est tant mieux, car les bonnes choses il faut se les garder.

Pour revenir aux sièges, ils sont descendus cette fois-ci à grande vitesse de leur nid sur terrasse, grâce à l’aide un nouveau venu, derrière la caméra, en remplacement de Matthieu, afin de réaliser la captation du concert. Étienne, ce dernier nouvel arrivé dans l’équipe organisatrice, en plus d’être un passionné de la prise de son, est un véritable maniaque de l’ordre comme du rangement, et c’est tant mieux.

À leur tour les préparatifs ont été allégés grâce au coup de main donné par deux Sunday jazz lofter, Agnès et François. Ces derniers ont aussi bien mis la main à la pâte en salade que les doigts sur machine à trancher le saucisson en rondelles fines.

Puis comme à son habitude le temps s’est accéléré, les participants et les musiciens sont arrivés les uns entre les autres, dans un joyeux mélange de balances musicales et de discussions, bonjours et autres salamalecs de circonstance.

Puis le temps du concert s’imposa de lui-même dans une douceur d’échanges musicaux où les dialogues se sont construits à trois.

Dialogues entre un homme contre-basse ne faisant qu’un avec son instrument, Riccardo Del Fra, professionnel connu et reconnu pour avoir joué très jeune et pendant neuf ans avec Chet Baker, comme il a su nous le rappeler dans une posture imprégnée de son importance professorale. Cet homme de maîtrise qui, avec une force de bouts des doigts, est fabuleusement connecté au présent et l’exprime dans des tirages de cordes et autres mouvements hypnotiques.

Dialogues avec Hans Olding, incrusté dans sa guitare électrique façon osmose amoureuse, quand il ne fait pas des grimaces étranges avec son visage si doux, alors qu’il caresse ses cordes sonores remplies d’une légèreté déroutante. Avec une autre guitare que celle utilisée lors de son premier passage aux SJL, une nouvelle guitare plus claire mais tout aussi élancée en féminité.

Dialogues avec Francesco Bearzatti, le maître musical de ces dimanches en loft, de ces concerts en appartement. Ce personnage hors pair, qui s’adapte à l’instant présent en dégainant soit son sax, soit sa clarinette, pour se placer dans la bonne couleur musicale proposée par ses deux compères dans ces maintenants en fabrication qui se succèdent.

Dialogues avec nous, qui n’avons qu’une seule envie, celle que ces expérimentations ne s’arrêtent jamais.

J’avais entendu entre deux portes d’avant concert une discussion où les musiciens évoquaient le fait qu’en l’absence de répétition préalable, ils allaient assurer en ne jouant que des standards. En guise de standards, je peux vous affirmer qu’ils nous ont embarqué durant plus d’une heure, aussi bien dans des contrées inconnues que dans des territoires indigènes, sans jamais traverser du morceau usé par trop d’écoutes.

Et quand l’un offrait à l’autre un moment de solo, l’autre le lui rendait avec la même générosité, avant qu’ils ne repartent tous ensemble dans des morceaux pour lesquels seuls les applaudissements nous rappelaient qu’il y avait une fin.

Une fin en groupe, avec les voix de Thierry Peala, Victoria Rummler et le sax de notre super amateur François Petavy, toujours aussi d’être heureux d’être là, son bec en bouche, entouré de grands professionnels.

Avant le chapeau, j’ai mis en mots sonores deux poèmes de mon cru, ceux présents dans le programme, que peu d’habitués lisent puisqu’ils savent qu’ils les entendront en fin de concert. Alors pourquoi produire un effort inutile, surtout le dimanche, avant de manger ? Depuis peu, le deuxième poème est joué en duo, avec ma fille Esther. Je ne peux pas vous décrire à quel point on se régale, en s’entraînant à le dire ensemble puis en l’exécutant devant vous, agrémenté de certaines de nos trouvailles, bonnes ou mauvaises.

Mon fils Elia quant à lui ne nous a pas fait de petit sketch cette fois-ci, pour cause de révision du bac. Ce sera j’espère pour la prochaine fois. Il est resté discrètement derrière la caméra, et comme celle-ci était placée plus en diagonale que les autres fois, il m’a dit s’être régalé à capter les expressions de chaque musicien.

Une fois le buffet dévasté ou presque, un pianiste – dentiste de profession – a mis une ambiance de fous et quand Francesco ne clarinettait pas, il dansait, chantait, délirait avec moi et avec d’autres, avant que je ne me mette à vendre à la criée son dernier disque, qu’il avait exceptionnellement apporté. Sept se sont vendus en moins de cinq minutes, un record absolu !

Puis voilà, tout le monde est parti, et je me suis mis à rêver au prochain. J’ai imaginé un SJL encore plus dingue que celui-ci. J’ai une piste sérieuse… On verra.

On se retrouve maintenant en octobre, vous me direz alors si nous sommes arrivés à être encore plus… que cette fois-ci.

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A propos Frèd Blanc

Tout a commencé dans les années 80 / 90 par Penninghen (l'ESAG) suivi d'un tour du monde. 30 ans après je suis devenu graphiste, photographe, poète & designer d’images (mentales & visibles) chez byfredblanc, anciennement edo. Quand je ne traîne pas dans un musée aux côtés de ma famille (Astrid Bouygues, Monsieur Elia et Mademoiselle d'Esther), un carnet de croquis sous le bras, où que je ne glisse pas sur les pistes de ski d’Avoriaz appareil au point, je pédale dans Paris entre deux rendez-vous, soit en construisant des analogies pour une marque en devenir, soit en rédigeant un poème. Projets : Entre 1996 & 2016 : conseil & accompagnement en communication (labo pharmaceutiques, joaillerie, hôtellerie, services, industrie...) 1997 : Identité de Ladurée pour son ouverture aux Champs Élysées. 2002 : Agenda photographique international pour Sanofi Synthé-labo. 2010 : Sculpture monumentale en hommage à Jean Vuarnet 2012 : Coup de cœur de la 49e Bourse du Talent Reportage / Photographie.com 2014 : Création de l’évènement “Sunday jazz loft”, concert en appartement, aux côtés de Francesco Bearzatti. Juin 2016 : Sélection aux Promenades Photographiques de Vendôme : Présentation du parcours "Et si le jazz est la vie autour d'une centaine de photographies et de la projection de 12 pœms-poèmes et une centaine de photo Octobre 2016 : Performance musicale et sonore lors du 13e Sunday jazz loft. Mise en musique de mes 12 poèmes de "Et si le jazz est la vie" par Francesco Bearzatti (sax tenor clarinette), Camille Bertault (voix), Federico Casagerande (guitare) et Thierry Eliez (piano et voix), en parallèle d'une projection aléatoire de mes 12 pœms poème par Matthieu Desport (vidéaste) Novembre 2016 : Création des Éditions de Ouf Bibliographie : 2006 : Ouvrage photographique “Téléphérique pour l'enfance”. Éditions Jean-Michel Place. Photographies, dessins, poèmes & maquette. 2010 : recueil de poésie “Des mots mis en baraques à sons”. Éditions Jean-Michel Place. Poèmes, dessins, photographies & mise en page. 2016 : "Et si le jazz est la vie" Éditions de Ouf. Poèmes, dessins, photographies & mise en page.
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