Donner pour recevoir

Un mardi matin, ça aurait pu être un autre jour de la semaine d’ailleurs que cela n’aurait rien changé, j’ai reçu un mail, qui de prime abord pourrait sembler étrange, s’il était le premier écrit dans ce style plutôt direct. Je cite : “Bonjour, j’aimerais te parler discrètement, Isabelle”.

Comme je n’avais pas de temps devant moi, c’est toujours les moments où l’on est le plus créatif, je lui ai répondu.

Chère Isabelle, si tu t’appelles bien Isabelle,
Je m’interroge sur les raisons qui te font t’adresser à moi, comme tu le dis “discrètement”, alors que tu prends la parole sur la place publique en écrivant à un nombre certain d’internautes “cachés” qui reçoivent la même missive, pardon, je viens d’employer un mot que tu ne connais sûrement pas : “missive”.

Je me reprends donc : en écrivant à un nombre certain d’internautes “cachés” qui reçoivent le même message, pour entrer en contact avec ces personnes que tu ne connais même pas. Alors je m’interpelle, pourquoi un tel acharnement de ta part pour vouloir contacter, avec toute ta discrétion publique, des personnes que tu ne veux même pas mettre en contact ? Ne vivons-nous pas à l’époque des réseaux sociaux ?

Peut-être est-ce lié à une timidité maladive ? Dommage, nous aurions pu créer ”l’Association de soutien à Isa”, en toute discrétion comme tu l’imagines bien. J’ai employé volontairement le diminutif Isa, plutôt que le nom Isabelle. Il est certes plus familier, mais émotionnellement plus efficace pour toucher ta future audience.

Je suppute toutefois la raison qui te fait t’adresser à tant de gens, sans les nommer.

Peut-être est-ce pour soutirer à chacun d’entre nous un peu de ce temps qui nous est si cher. Voire, si malencontreusement tu étais cupide, pour nous soutirer de l’argent. Cette chose qui devrait faire avancer, selon certaines croyances, ton monde tout riquiqui, faire grossir ton portefeuille sur-usé, et vider le nôtre en cuir doublé, si discrètement… élégance oblige.

Pour cela, il faudrait que l’un d’entre nous tombe sous le charme de ton baratin pleurnichard que tu ne m’as pas encore servi, faute d’échange et de temps.

Malheureusement mon instinct me dit que derrière ton mail se cache un attrape-couillon, à la manière de toutes ces astuces illégales qui fleurissent sur le net, déversées par de petits escrocs, au profil qui je pense t’est familier, et qui recherchent leur pigeon, sans jamais avoir pu atteindre le statut honorifique de détrousseurs professionnels.

Il ne te reste donc plus qu’à continuer à chercher des oreilles culpabilisables, avec une main prête à dégainer leur portefeuille.

Malheureusement, ce ne seront pas les miennes. Ni mon oreille, ni ma main plongée dans mon larfeuille aux petites pièces que tu aimerais tant m’extorquer.

Je te souhaite tout de même de marcher droit dans tes baskets, tout en te regardant droit dans la glace, mais fais gaffe de ne pas te la prendre dans la gueule. Un conseil, si malheureusement cela devait tout de même arriver, éclate-toi la gueule “discrètement”.

Bien à toi,

Moi c’est Gérard, Paul ou André. Tu sais celui que tu prends pour un vrai con, mais qui te vois arriver à des kilomètres lancés, prête à t’écraser contre le mur des pipoteurs et malfrats de quatre sous.

P. S. : si tu penses que mes conseils t’ont été d’une quelconque aide, n’hésite pas à me demander mes coordonnées bancaires afin de me faire un don. Grâce à ta générosité aveugle, tu pourras parrainer une personne dans le besoin, à qui je transmettrai quelques clés de réussite et de succès, comme je viens de le faire pour toi, gratuitement et sans mécène, en plus.

 

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A propos Frèd Blanc

Tout a commencé dans les années 80 / 90 par Penninghen (l'ESAG) suivi d'un tour du monde. 30 ans après je suis devenu graphiste, photographe, poète & designer d’images (mentales & visibles) chez byfredblanc, anciennement edo. Quand je ne traîne pas dans un musée aux côtés de ma famille (Astrid Bouygues, Monsieur Elia et Mademoiselle d'Esther), un carnet de croquis sous le bras, où que je ne glisse pas sur les pistes de ski d’Avoriaz appareil au point, je pédale dans Paris entre deux rendez-vous, soit en construisant des analogies pour une marque en devenir, soit en rédigeant un poème. Projets : Entre 1996 & 2016 : conseil & accompagnement en communication (labo pharmaceutiques, joaillerie, hôtellerie, services, industrie...) 1997 : Identité de Ladurée pour son ouverture aux Champs Élysées. 2002 : Agenda photographique international pour Sanofi Synthé-labo. 2010 : Sculpture monumentale en hommage à Jean Vuarnet 2012 : Coup de cœur de la 49e Bourse du Talent Reportage / Photographie.com 2014 : Création de l’évènement “Sunday jazz loft”, concert en appartement, aux côtés de Francesco Bearzatti. Juin 2016 : Sélection aux Promenades Photographiques de Vendôme : Présentation du parcours "Et si le jazz est la vie autour d'une centaine de photographies et de la projection de 12 pœms-poèmes et une centaine de photo Octobre 2016 : Performance musicale et sonore lors du 13e Sunday jazz loft. Mise en musique de mes 12 poèmes de "Et si le jazz est la vie" par Francesco Bearzatti (sax tenor clarinette), Camille Bertault (voix), Federico Casagerande (guitare) et Thierry Eliez (piano et voix), en parallèle d'une projection aléatoire de mes 12 pœms poème par Matthieu Desport (vidéaste) Novembre 2016 : Création des Éditions de Ouf Bibliographie : 2006 : Ouvrage photographique “Téléphérique pour l'enfance”. Éditions Jean-Michel Place. Photographies, dessins, poèmes & maquette. 2010 : recueil de poésie “Des mots mis en baraques à sons”. Éditions Jean-Michel Place. Poèmes, dessins, photographies & mise en page. 2016 : "Et si le jazz est la vie" Éditions de Ouf. Poèmes, dessins, photographies & mise en page.
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