De Maria à Elia

En 1995, alors que je venais de connaître la jeune fille qui allait devenir ma femme, je suis parti en vacances jusqu’au fin fond de l’Italie du Nord, avec mon “deuxième meilleur ami”, comme je me faisais un plaisir de le définir, pour l’agacer un peu. Nous sommes allés faire une surprise à la femme qui avait été la nounou de ma mère, avant d’être celle de ma sœur, et par voie de conséquence la mienne.

32 SODANI

J’étais le seul à ne pas être encore venu la voir, Maria – de son vrai nom Marie – chez elle, en Italie. Je ne voulais pas m’y rendre tant que je n’étais pas capable de la prendre en photo. Pourquoi, je ne m’en souviens plus.

18 MARIA A TABLE

C’est pourtant ce que j’ai fait cette année-là, en réalisant mon premier vrai reportage, en argentique, au Leica. Trente bobines de film pendant lesquelles Maria ne cessait de dire avec son petit accent zozotant, “tu gâSSes de la pellicule, tu Zettes ton arZent par les fenêtres en me photographiant, moi qui suit moSSe”.

48 MARIA ET SA SŒUR

Elle ne pouvait pas comprendre l’intérêt que je lui portais en venant la retrouver, chez elle, pour parler d’elle, pour une fois. Elle ne voyait pas non plus la beauté qu’elle avait en elle, cette beauté d’enfant.

05 YAYA EN NENFANT

Vingt ans plus tard, mon fils et ma femme jouent dans une pièce de théâtre. Ils me demandent de réaliser leur flyer. Ne pouvant pas utiliser l’image qu’ils avaient choisie, je repense à cette photo de Maria, avec sa sœur et une autre sœur, religieuse celle-ci. Elle pourrait très bien correspondre à l’ambiance du spectacle. Une image qui ne m’a jamais quitté. Je la leur propose, ils acceptent.

78 NONE

Je suis heureux de pouvoir redonner un souffle de vie à Maria, à Yaya, le temps d’un flyer et d’une affiche, pour trois représentations d’une pièce de théâtre. Un bout d’existence à cette femme si discrète, qui reste ancrée depuis toutes ces années dans mes souvenirs les plus intimes.

Flier théâtre 1.3

Elle qui n’aurait pas aimé se retrouver sur le devant de la scène, mais qui aurait fini par accepter, pour nous, ses petits, comme le jour où je lui avais dit que j’allais réaliser un livre de photos sur elle, pour le mariage de sa cocotte, pour ma reusse Rové. Elle n’avait pas compris pourquoi je l’avais choisie, elle, et elle répétait en boucle : “il y a des personnes bien plus intéressantes que moi”. Pourtant elle avait fini par se laisser convaincre, Maria, le témoin de ma sœur à la mairie.

21 MARIA DE FACE

Ce fut d’ailleurs peut-être la seule fois où elle n’aura pas pu se cacher au fond de la salle pour ne pas déranger, elle qui ne me dérange toujours pas, par sa présence imaginaire puisée au fond de ma mémoire de tout petit garçon. Ce fond sans fin de souvenirs enfantins.

20 YAYADEDAN

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A propos Frèd Blanc

Tout a commencé dans les années 80 / 90 par Penninghen (l'ESAG) suivi d'un tour du monde. 30 ans après je suis devenu graphiste, photographe, poète & designer d’images (mentales & visibles) chez byfredblanc, anciennement edo. Quand je ne traîne pas dans un musée aux côtés de ma famille (Astrid Bouygues, Monsieur Elia et Mademoiselle d'Esther), un carnet de croquis sous le bras, où que je ne glisse pas sur les pistes de ski d’Avoriaz appareil au point, je pédale dans Paris entre deux rendez-vous, soit en construisant des analogies pour une marque en devenir, soit en rédigeant un poème. Projets : Entre 1996 & 2016 : conseil & accompagnement en communication (labo pharmaceutiques, joaillerie, hôtellerie, services, industrie...) 1997 : Identité de Ladurée pour son ouverture aux Champs Élysées. 2002 : Agenda photographique international pour Sanofi Synthé-labo. 2010 : Sculpture monumentale en hommage à Jean Vuarnet 2012 : Coup de cœur de la 49e Bourse du Talent Reportage / Photographie.com 2014 : Création de l’évènement “Sunday jazz loft”, concert en appartement, aux côtés de Francesco Bearzatti. Juin 2016 : Sélection aux Promenades Photographiques de Vendôme : Présentation du parcours "Et si le jazz est la vie autour d'une centaine de photographies et de la projection de 12 pœms-poèmes et une centaine de photo Octobre 2016 : Performance musicale et sonore lors du 13e Sunday jazz loft. Mise en musique de mes 12 poèmes de "Et si le jazz est la vie" par Francesco Bearzatti (sax tenor clarinette), Camille Bertault (voix), Federico Casagerande (guitare) et Thierry Eliez (piano et voix), en parallèle d'une projection aléatoire de mes 12 pœms poème par Matthieu Desport (vidéaste) Novembre 2016 : Création des Éditions de Ouf Bibliographie : 2006 : Ouvrage photographique “Téléphérique pour l'enfance”. Éditions Jean-Michel Place. Photographies, dessins, poèmes & maquette. 2010 : recueil de poésie “Des mots mis en baraques à sons”. Éditions Jean-Michel Place. Poèmes, dessins, photographies & mise en page. 2016 : "Et si le jazz est la vie" Éditions de Ouf. Poèmes, dessins, photographies & mise en page.
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2 commentaires pour De Maria à Elia

  1. Vero dit :

    15 après… Je reste sans mot pour Maria, ma Yaya a qui j’avais tant à dire. Comme c’est beau que tu lui donnes vie encore une fois…

  2. isathefly fly dit :

    Superbes photos, magnifiques textes… une belle histoire, très poétique et touchante… continue Frèd, biz is@

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